Église Saint-MartinRestauration des décors intérieurs
L’église Saint-Martin de Jouars-Pontchartrain est édifiée au XIIe siècle sur les ruines d’une église plus ancienne, construite à la fin de l’Empire romain. L’édifice comprend est alors une nef de trois travées.
Très liées à la famille Pontchartrain, puissante famille noble locale qui sera à l’origine de nombre de ses chantiers, l’édifice connaîtra de nombreuses modifications au cours des siècles. L’église est agrandie à plusieurs reprises avec l’ajout du chœur ainsi que de plusieurs chapelles . Dans un même temps, de nombreux éléments de décors sont rapportés à l’église par la famille Pontchartrain à la suite de la suppression de plusieurs chapelles en sa possession.
C’est cependant au XVIIIe siècle avec l’intervention du frère architecte François Romain que l’église connaît le plus de transformations. Il fait construire la chapelle des fonts baptismaux au nord de la nef, fait remplacer la flèche de bois par une coupole, ajoute deux autels et fait construire la sacristie ainsi qu’un presbytère aujourd’hui disparu.
La Révolution voit la transformation de l’église en temple de la Raison et la vente du presbytère comme bien national en 1793. Au XIXe siècle, une nouvelle chapelle est construite au nord-est du chœur. Le chœur est réduit d’une travée pour s’aligner aux chapelles latérales. L’édifice adopte alors sa configuration actuelle.
L’église est inscrite à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques en 2003. Plusieurs campagnes de travaux se succèdent à partir des années 1960 pour restaurer et maintenir l’état de l’église. Ces interventions ne parviennent cependant pas à contenir l’usure normale d’un bâtiment de ce type, accélérée par les infiltrations et dégradations récentes.
Faits Historiques
- XIIe siècle
- Construction de la nef
- XIIIe siècle
- Construction du chœur
- XVIIe siècle
- Construction de chapelles autour du chœur
- XVIIIe siècle
- Chantiers du frère Romain : construction de la chapelle des fonts baptismaux, création de la coupole, restauration des sols, ajout d'autels dans la nef, création du presbytère.
- 1793
- Transformation de l'église en temple de la raison, vente du presbytère.
- XIXe siècle
- Réduction du chœur et construction d'une chapelle au nord de celui-ci.
- 2003
- Inscription à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques
- 2018–2020
- Restauratoin du clos et couvert


Les décors de l’église Saint-Martin présentent de manière générale un niveau de dégradation avancé. La plupart des enduits cloquent et se désagrègent, des fissurations lézardent les voûtes du chœur et des chapelles, les sols en tomette de terre cuite, en carreaux de ciment ou en pierre sont lacunaires et très détériorés, beaucoup d‘œuvres sont manquantes et le mobilier est très altéré.
Le principal responsable de cette situation est un taux humidité très important dans l’édifice. Celui-ci est causé par la présence d’un enduit étanche sur presque toutes les parois intérieures de l’église, qui empêche la respiration de la pierre et la dissipation des remontés capillaires qui se retrouvent piégées dans les murs. Les sels cristallisent dans la pierre et font boursoufler et éclater les enduits déjà cloqués par l’humidité. La présence de plomb dans ces enduits ajoute un degré de complexité à l’intervention.
L’étude des autels et clôtures de chœur révèle également la disparition de certaines dorures avec le temps ainsi que le recouvrement des polychromies d’origine dans une volonté d’uniformiser des pièces éclectiques rapportées à l’église depuis différentes chapelles au cours des siècles.
Enfin, de nombreuses casses et attaque biologiques sont relevées sur les stalles, bancs, confessionnaux, bancs d’œuvre ou lambris.
La première étape de restauration est ainsi une dépose de l’intégralité des enduits étanches, accompagnée d’un déplombage des parois et d’une purge des reprises ciment ponctuelles. Le processus permettra de restituer les croix de consécration d’origine et quelques litres funéraires toujours visibles dans l’église. Après restauration ou remplacement des maçonneries endommagées, un nouvel enduit chaux sera appliqué sur les parois pour en restituer les qualités de régulation hygrométrique. Les carreaux de ciment seront restaurés et les tomettes trop altérées remplacées.
Les études stratigraphiques des autels et clôtures révèlent une pluralité de polychromies des différents éléments sous la couche uniforme de gris qui les recouvre, confirmant les provenances variées des différents éléments de décors. Un dégagement des décors d’origine est ainsi exclu car il compromettrait la cohérence esthétique de l’édifice. Une restauration des polychromies d’uniformisation est ainsi privilégiée avec restitution des nombreuses dorures disparues avec le temps.
Enfin, les éléments de mobilier seront restaurés ou remplacés par un autel neuf au dessin contemporain, plus cohérent dans le cas de l’autel avancé. Un autel sera également recréé dans une des chapelles nordsur la base du maître-autel de l’ancienne chapelle du château de la famille Pontchartrain intimement liée à l’histoire de l’église.


La restauration des intérieurs et l’opportunité d’un renouvellement d’un certain nombre d’installations techniques dans l’église.
En premier lieu, l’ensemble du réseau électrique, obsolète et endommagé par le temps et l’humidité, sera déposé et remplacé par un dispositif neuf plus cohérent avec les usages contemporains de l’église. L’éclairage est en particulier un sujet central dans la mise en valeur des nombreux décors de l’édifice.
Le réseau de chauffage est également intégralement repensé en remplaçant les tapis chauffants au pied des bancs par un système de ventilation d’air chaud. La majorité du réseau sera installée sous les bancs pour limiter l’impact sur les sols en carreaux de ciment et les grilles de ventilation dissimulées derrière les bancs latéraux pour en réduire l’impact visuel.
Enfin, l’installation de sanitaires dans le petit garage attenant à l’église améliorera le confort des fidèles et visiteurs.
Infos
- Client
- Commune de Jouars-Pontchartrain
- Année
- 2025
- Statut
- En cours
Partenaires
- Economiste de la construction
- Laurent Taillandier
- Bureau d'étude réseaux et fluides
- Bucci & Partners



















