Domaine de BagatelleRénovation du château
Né d’un pari fou entre le comte d’Artois et sa belle-sœur, la reine Marie-Antoinette, le Château de Bagatelle demeure l’un des symboles les plus emblématiques du faste de la fin de l’Ancien Régime. Édifié en 1777 pour le frère de Louis XVI et futur Charles X, il est conçu par l’architecte François-Joseph Bélanger comme une élégante maison de plaisance de style néo-palladien. Surnommée la « Folie d’Artois », la demeure se distingue par la richesse de ses décors peints, ses médaillons de stuc et son mobilier précieux, mêlant goût de l’Antiquité, inspirations mythologiques et raffinement décoratif.
Épargné par la Révolution, le domaine connaît plusieurs propriétaires prestigieux, de Napoléon Ier au marquis de Hertford, avant de passer à son fils présumé, Sir Richard Wallace. Grand collectionneur et mécène, ce dernier transforme le domaine et fait construire, dans les années 1870, le Trianon par l’architecte Léon de Sanges afin de compléter l’ensemble.
À la fin du XIXe siècle, les collections sont dispersées et les bâtiments progressivement délaissés. Le domaine connaît une nouvelle vie lorsque la Ville de Paris l’acquiert en 1905. Sa restauration est alors confiée à Jean-Claude Nicolas Forestier, qui développe les collections botaniques tout en préservant l’esprit du jardin paysager d’origine.
Faits Historiques
- 1720
- Le maréchal d’Estrées obtient la jouissance du domaine et fait construire un élégant pavillon de plaisance. Le lieu devient rapidement un rendez-vous prisé de l’aristocratie parisienne.
- 1775
- Le comte d’Artois, frère de Louis XVI et futur Charles X, acquiert le domaine de Bagatelle.
- 1777
- À la suite d’un pari lancé par Marie-Antoinette, le Château de Bagatelle est construit en seulement soixante-quatre jours par l’architecte François-Joseph Bélanger. Le domaine devient la célèbre « Folie d’Artois ».
- 1810
- Napoléon Ier rachète Bagatelle et le fait restaurer pour son fils, le roi de Rome.
- 1835
- Le domaine est acquis par le marquis de Hertford, qui entreprend d’importantes transformations du parc et enrichit ses collection
- 1872
- Sir Richard Wallace fait construire le Trianon de Bagatelle par l’architecte Léon de Sanges et réaménage la cour d’honneur du château.
- 1905
- La Ville de Paris acquiert le domaine. Jean-Claude Nicolas Forestier est chargé de sa réhabilitation et du développement de ses jardins.
- 1980
- Création de l’Association des Amis de Bagatelle, qui relance la programmation culturelle et contribue à la restauration du château et du parc.
- 2019
- La Fondation Mansart est chargée de la restauration du Château et du Trianon en vue de leur réouverture au public.
- 2021
- Début des études en vue des travaux de restauration des façades, toitures et menuiseries du Château et du Trianon.

Plus d'un siècle après son acquisition par la Ville de Paris, le domaine de Bagatelle fait aujourd'hui l'objet d'un ambitieux programme de restauration porté par la Fondation Mansart. Longtemps fermé au public et fragilisé par plusieurs décennies de dégradation, le Château et le Trianon nécessitent d'importants travaux de conservation afin d'assurer leur pérennité et de permettre leur réouverture.
Ces interventions sont l'occasion de redécouvrir l'histoire complexe du domaine et les nombreuses transformations qu'il a connues depuis le XVIIIe siècle. Les campagnes d'entretien successives, les modifications apportées par les différents propriétaires ainsi que les altérations liées au temps ont progressivement transformé l'apparence des bâtiments et de leurs décors.
Au-delà de la sauvegarde d'un ensemble patrimonial exceptionnel, le projet vise à restituer la qualité architecturale et décorative du Château et du Trianon, tout en les adaptant à de nouveaux usages. Leur réouverture permettra d'accueillir des collections d'art décoratif du XVIIIe siècle, des expositions temporaires, des événements culturels et des actions pédagogiques, renouant ainsi avec l’écrin de verdure dans lequel le Domaine est construit.
La restauration du domaine de Bagatelle a débuté en 2021 par le clos et couvert du Château. Fragilisée par plusieurs décennies de dégradation et d'infiltrations, l'enveloppe du bâtiment nécessitait une intervention d'envergure afin d'assurer sa conservation, et avant d’entamer tous travaux intérieurs.
Les travaux ont porté sur la restauration des façades, des maçonneries et des pierres de taille, ainsi que sur la réfection des toitures et des menuiseries extérieures.
Menées en parallèle du chantier, les recherches documentaires, fondées sur l'étude des archives graphiques, des sources écrites et des descriptions anciennes, ont permis de mieux comprendre l'apparence originelle du Château. Les études stratigraphiques ont notamment révélé que les maçonneries présentaient à l'origine une tonalité pierre légèrement sable, et non rosée. Elles ont également mis en évidence une porte d'entrée peinte en vert d'eau côté extérieur, et dans une teinte brun chaud côté intérieur.
Ces découvertes ont guidé les choix de restauration et contribué à restituer au Château une part essentielle de son identité historique visuelle.
Après la restauration du clos et couvert, une nouvelle phase de travaux consacrée aux intérieurs du Château a débuté en 2025. Cette campagne vise à restituer la richesse du programme décoratif imaginé par François-Joseph Bélanger pour la Folie d'Artois, l'un des ensembles les plus raffinés de la fin du XVIIIe siècle.
Le chantier se concentre actuellement sur le Grand Salon, et sa remarquable coupole en trompe-l'œil. Les restaurateurs y mènent un important travail de dégagement et de conservation des décors peints de la coupole, dont les trompe-l'œil, les faux camées et les ornements avaient été progressivement masqués, épaissis, encrassés ou transformés au fil des siècles. Les études stratigraphiques ont permis d'identifier les harmonies d'origine du décor, fondées sur de subtils tons gris violacés, des stucs imitant l'albâtre et des rehauts dorés plus délicats que ceux ajoutés au XIXe siècle.
Cette intervention permet de redécouvrir progressivement la qualité des décors, qui émerveillera les visiteurs lors de la réouverture du Château au public.
Longtemps utilisé comme galerie d'exposition, le Trianon se caractérise notamment par ses grandes verrières, dont l'état s'était progressivement dégradé au fil du temps. Entre 2023 et 2024, les travaux se sont concentrés sur leur restauration ainsi que sur celle des toitures.

Les façades ont également fait l'objet d'une campagne de restauration, en particulier la façade arrière, remarquable par son décor de treillage en bois peint. Ces interventions étaient essentielles pour assurer la pérennité du bâtiment et protéger les intérieurs des infiltrations et de l'humidité.
Depuis 2025, les intérieurs du Trianon font l'objet d'une importante campagne de restauration. Les infiltrations d'eau ont fortement endommagé certains éléments décoratifs, notamment les corniches en stuc et en staff, dont la restauration est aujourd'hui en cours.
La dépose des tissus tendus qui recouvraient les murs a également permis de mettre au jour une découverte remarquable : une épure dessinée à l'échelle 1, correspondant au tracé préparatoire d'un décor de porte.
Baignés de lumière grâce aux grandes verrières et aux hautes fenêtres, les vastes espaces du Trianon retrouveront progressivement leur éclat. Utilisé pendant de longues années comme galerie d'exposition, le bâtiment a vocation à accueillir à nouveau expositions, événements et manifestations culturelles.
Infos
- Client
- Fondation Mansart
- Année
- 2023
- Statut
- En cours
Partenaires
- Perrot & Richard Architectes
- Architectes ACMH
- Cabinet Pilté
- Economiste
- Atelier Gildas Geffroy
- Bureau d'Etudes Fluides
- Dynatech
- Coordinateur CSPS
- ARCOA
- Conservateurs et restaurateurs de décors
- Mériguet
- Peintres et doreurs
- Maison Dureau
- Peintres
- SOE
- Stuc & staff
- Roger Dubois
- Electricien
- Balas
- CVC
- H.Chevalier
- Maçonnerie
- CRT
- Renfort et traitement du bois

















































