Maison et jardins de Claude MonetRestauration et aménagement du domaine
Peintre du plein air et virtuose de la couleur, Claude Monet fut le charismatique chef de file du courant impressionniste. Passionné de botanique, l’artiste fut aussi un inventif jardinier qui composa son jardin comme une œuvre d’art. Il habita la maison de Giverny de 1883 jusqu’à sa mort en 1926. Son fils Michel (1878-1966) hérite de la maison et laisse sa belle-sœur, Blanche Hoschedé-Monet l’occuper. Lorsque Blanche décède, en 1947, le jardin est laissé à l’abandon jusqu’en 1966, date à laquelle Michel Monet lègue la propriété à l’Académie de Beaux-Arts.
Dix ans plus tard, Gérald Van der Kemp, ancien conservateur du château de Versailles, entreprend la restauration du domaine, accompagné par l’architecte George Luquiens et le chef jardinier Gilbert Vahé. Cette intervention est façonnée par son important travail de recherche et de reconstitution des jardins ainsi que l’adaptation du site à l’accueil du public pour la première fois de son existence. Les travaux commencent en 1976, pour une ouverture en 1980. Deuxième site touristique le plus fréquenté de Normandie, la maison et les jardins de Claude Monet à Giverny attirent, à la belle saison, des visiteurs venus du monde entier.
Faits Historiques
- 1883
- Arrivée de Claude Monet et sa famille à Giverny.
- 1890
- Claude Monet achète la maison et le jardin.
- 1926
- Mort de Claude Monet.
- 1966
- L'Académie des beaux-arts devient propriétaire de la maison et des jardins.
- 1976
- Inscription de la maison et des jardins de Claude Monet à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques
- 1974–1980
- Le site est restauré sous la direction de Gérald van der Kemp.
- 1980
- Première ouverture au public.

Plus de quarante ans après son ouverture au public, les édifices du domaine portent les marques de la fréquentation du site et de l’usure du temps. Un certain nombre d’éléments présentent aujourd’hui un état de dégradation qui justifie des reprises importantes.
Ces restaurations sont l’occasion d’une remise à plat des flux de visite pour les adapter à une fréquentation bien supérieure aux objectifs des années 1970. Elles permettent également de questionner l’évolution du domaine au cours du temps. Les entretiens successifs depuis la mort de Monet, les dégradations d’états peu documentés, les restaurations menées avec un regard sur le patrimoine différent de celui que nous lui portons aujourd’hui, sont autant de facteurs d’altération de l’état de la maison et des jardins du temps du peintre. Au-delà de la mission de préservation d’un important patrimoine culturel, les interventions portent des objectifs de restitution d’un état d’origine et d’adaptation du site à des enjeux contemporains.


Symbole des jardins du peintre, le pont de style japonais est au cœur du Jardin d’eau et de ses fameux Nymphéas. Fabriqué en 1893 lors des premiers aménagements du Jardin d’eau, le pont n’est couronné de ses deux glycines que plus tard, en 1904.
Particulièrement sensible aux éléments, le Jardin est très altéré lorsque l’Académie prend possession des lieux. Le pont n’y fait pas exception, soutenu en son centre par des étais en bois. Les glycines sont cependant toujours vivantes et le pont est restauré en 1977 par Van der Kemp.
La vigueur des glycines joue cependant aujourd’hui contre le pont. Celui-ci déverse, emporté par la treille métallique qui plie sous le poids de la plante. Sa restauration passe par une dépose complète de la treille existante et des garde-corps en bois endommagés par l’humidité et le temps.
Afin de retrouver en forme plus pérenne, la nouvelle treille est renforcée et repose directement sur la structure du pont tout en se glissant entre les pieds de glycine comme s’ils s’étaient développés autour d’elle. Le platelage bois est remis à niveau et l’ensemble repeint dans le vert restitué d’après les recherches historiques et photographiques.

La maison de Claude Monet est au centre d’un questionnement qui porte sur l’ensemble du domaine, celui de la couleur. En effet, l’analyse du contexte historique, des documents graphiques, descriptions et témoignages des différentes époques ainsi que l’expertise des enduits et peintures, dévoilent une altération des couleurs de Giverny.
La maison aux enduits rose pâle et aux volets vert foncé que nous connaissons aujourd’hui n’est en réalité qu’une version très récente de celle-ci. Du temps du peintre, le rapport de contraste était inversé entre le rouge plus terreux et profond des enduits et un vert plus clair, touchant presque au bleu, le Vert de Paris très utilisé à la fin du XIXe siècle. L’Atelier primitif, construit à la fin des années 1890, reprend le même vocabulaire que la maison, et les mêmes altérations.
L’ensemble des enduits ciment sont ainsi déposés et remplacés par des enduits chaux avec incorporation de brique pilée. Les modénatures et éléments en saillie sont colorés uniquement par la teinte du sable dans les enduits. Les menuiseries et serrureries sont repeintes dans une teinte reproduisant le Vert de Paris. Plusieurs paramètres sont pris en compte dans l’opération comme les contraintes liées à la réfection d’enduits en hiver ou la présence d’éléments contaminés au plomb.
La terrasse de la maison, reconstruite en béton lors des chantiers de Van der Kemp, est déposée et remplacée par une terrasse neuve, plus fidèle à celle du temps de Monet. Celle-ci reprend en effet un platelage et une structure en bois ainsi que le même dessin de garde-corps que la terrasse d’origine.


Infos
- Client
- Académie des beaux-arts
- Année
- 2025
- Statut
- En cours
Partenaires
- Économiste de la construction
- Laurent Taillandier
- Bureau structure
- Travée
- Restaurateur
- Studiolo
- Manufacture de peinture
- Malouinières
Crédits
- Photographe
- Mathis Camacho




















